[1] Parmi les faits les plus récents qui prouvent le déplacement de la mer, on peut citer les suivants :
Dans le golfe de Gascogne, entre le vieux Soulac et la tour de Cordouan, quand la mer est calme, on découvre au fond de l'eau des pans de muraille : ce sont les restes de l'ancienne et grande ville de Noviomagus, envahie par les flots en 580. Le rocher de Cordouan, qui étant alors relié au rivage, en est maintenant à 12 km.
Dans la mer de la Manche, sur la côte du Havre, la mer gagne chaque jour du terrain et mine les falaises de Sainte-Adresse, qui s'écroulent petit à petit. A 2 kilomètres de la côte, entre Sainte-Adresse et le cap de la Hève, existe le banc de l'Eclat, jadis à découvert et réuni à la terre ferme. D'anciens documents constatent que sur cet emplacement, où l'on navigue aujourd'hui, il y avait le village de Saint-Denis-chef-de-Caux. La mer ayant envahi le terrain au quatorzième siècle, l'église fut engloutie en 1378. On prétend qu'on en voit les restes au fond de l'eau par un temps calme.
Sur presque toute l'étendue du littoral de la Hollande, la mer n'est retenue qu'à force de digues, qui se rompent de temps en temps. L'ancien lac Flevo, réuni à la mer en 1225, forme aujourd'hui le golfe du Zuyderzée. Cette irruption de l'Océan engloutit plusieurs villages.