Spiritist Review 1858 » June » Varieties - The magnetic banquets Revue Spirite 1858 » Juin » Variétés - Les banquets magnétiques

On May 23rd, Mesmer’s birthday, two annual banquets were held with the presence of the top notch magnetizers from Paris and foreign delegates, who join forces with them. We have always questioned the fact that such commemorative solemnity is celebrated in two rival banquets, where each group drinks to the health of the other and where a toast to the union is unsuccessfully made.

At that point in time one has the impression that they are about to reconcile. Why then such a rupture among men who dedicate themselves to the good of humanity and to the cult of truth? Doesn’t truth show up under the same light to them? Will they have two different ways of understanding the good of humanity? Are they divided with respect to the principles of their Science? Absolutely. They have the same beliefs and the same master that is Mesmer. If that master attends their appeal, as we believe so, he must suffer with the discord among his disciples.

Fortunately, that disunion will not unleash wars like those which covered the world with blood, in the name of Christ, for the eternal shame of the ones who named themselves Christians. Nevertheless, however much inoffensive it may be, this war is not less regrettable, although limited to the strikes of the pen and to the isolated drinking. We would like to see good men united by a common feeling of fraternity. With that, the magnetic Science would benefit in progress and consideration.

Once the two sides are not divided by doctrinaire divergences, what then explains their antagonism? We cannot discover the cause except in the susceptibilities inherent to our nature, from which not even superior men are exempt. The genie of disagreement has agitated its torch at all times. From the spiritist point of view, this means that the inferior spirits, envious of men’s happiness, find easy access among them. Happy are those who have enough moral strength to repel their suggestions.

We were given the honor of being invited to both meetings. As they were held simultaneously, and as we are nothing more than a very much incarnated spirit, not having the gift of ubiquity, we could only satisfy one of those kind invitations.

We went to the meeting presided by Dr. Duplanty.

It is necessary to say that the adepts of Spiritism do not constitute majority there. However, we were pleased to verify that, with the exception of some flicks given to the spirits in the verses sung by Mr. Julio Lovi and the not less amusing sung by Sr. Fortier, who had the honor of a replay, the Spiritist Doctrine did not suffer inconvenient criticism from anybody, considering the fertility of some adversaries, despite their self-praised education. Far from that, in a remarkable and deservedly applauded speech, Dr. Duplanty proclaimed, loud and clear, the respect that we must have for the sincere beliefs, even when we don’t share them. Without declaring himself pro or con Spiritism, he wisely observed that the phenomena of magnetism, on revealing to us a hitherto unknown power, must make us even more circumspect with respect to the phenomena that can still reveal and that, at least, it would be imprudence to deny the ones we don’t understand or have not yet attested, mainly when supported by the authority of honored men, whose lights and loyalty could not be doubted. 

These are wise words for which we thank Mr. Duplanty. They singularly contrast with those of certain adepts of Magnetism that inconsiderately shed ridicule onto a Doctrine which they confessedly ignore, forgetting that on other occasions they were also targeted by sarcasm; that they were sent to the hospices and attacked by the skeptical as enemies of religion and common sense. Now that Magnetism has been rehabilitated by the forces of circumstances; that one does not make fun of it; that we can fearlessly confess ourselves as magnetizers, it is not much dignified and charitable to use those reprisals against a sister Science which can only give them a beneficial support. We don’t attack men, they say; we only laugh at something that seems ridicule, while we wait for the light to be brought upon us. In our opinion, the magnetic Science, which we have professed for 35 years, should be inseparable from seriousness. It seems that there is no lack of pasture to their satirical energy in this world, not having the need to target serious things. They forget that the same language was used against them; that they themselves accused the incredulous for their lightheartedly judgment and said, as we do now, in turn: “Patience! They who laugh last laugh better!”

Erratum

In the No 5 issue (May, 1858), a typo disfigured a proper name that lost its meaning because of that. In the article “Family Conversations from Beyond the Grave – Mozart – Second Article”, instead of Poryolise, read Pergolèse[1]

ALLAN KARDEC



[1] In this edition the mistake was corrected in time (NT)


 

Variétés.

Les Banquets magnétiques.

Le 23 mai, anniversaire de la naissance de Mesmer, ont eu lieu les deux banquets annuels qui réunissent l'élite des magnétiseurs de Paris, et ceux des adeptes étrangers qui veulent s'y adjoindre. Nous nous sommes toujours demandé pourquoi cette solennité commémorative est célébrée par deux banquets rivaux, où chaque camp boit à la santé l'un de l'autre, et où l'on porte, sans résultat, des toasts à l'union. Quand on en est là, il semble qu'on soit bien près de s'entendre. Pourquoi donc une scission entre des hommes qui se vouent au bien de l'humanité et au culte de la vérité? La vérité ne leur paraîtrait-elle pas sous le même jour? Ont-ils deux manières d'entendre le bien de l'humanité? Sont-ils divisés sur les principes de leur science? Nullement; ils ont les mêmes croyances; ils ont le même maître, qui est Mesmer. Si ce maître dont ils invoquent la mémoire vient, comme nous le croyons, se rendre à leur appel, il doit gémir de voir la désunion parmi ses disciples. Heureusement cette désunion n'engendrera pas des guerres comme celles qui, au nom de Christ, ont ensanglanté le monde pour l'éternelle honte de ceux qui se disaient chrétiens. Mais cette guerre, tout inoffensive qu'elle soit, et bien qu'elle se borne à des coups de plume et à boire chacun de son côté, n'en est pas moins regrettable; on aimerait à voir les hommes de bien unis dans un même sentiment de confraternité; la science magnétique y gagnerait en progrès et en considération.

Puisque les deux camps ne sont pas divisés par la divergence des doctrines, à quoi tient donc leur antagonisme? Nous ne pouvons en voir la cause que dans des susceptibilités inhérentes à l'imperfection de notre nature, et dont les hommes, même supérieurs, ne sont pas toujours exempts. Le génie de la discorde a de tout temps secoué son flambeau sur l'humanité; c'est-à-dire, au point de vue spirite, que les Esprits inférieurs, jaloux du bonheur des hommes, trouvent parmi eux un accès trop facile; heureux ceux qui ont assez de force morale pour repousser leurs suggestions.

On nous avait fait l'honneur de nous convier dans ces deux réunions; comme elles avaient lieu simultanément, et que nous ne sommes encore qu'un Esprit très matériellement incarné, n'ayant pas le don d'ubiquité, nous n'avons pu nous rendre qu'à une seule de ces deux gracieuses invitations, celle qui était présidée par le docteur Duplanty. Nous devons dire que les partisans du Spiritisme n'y étaient pas en majorité; toutefois nous constatons avec plaisir qu'à part quelques petites chiquenaudes données aux Esprits dans les spirituels couplets chantés par M. Jules Lovi, et dans ceux non moins amusants chantés par M. Fortier, qui a obtenu les honneurs du bis, la doctrine spirite n'a été de la part de personne l'objet de ces critiques inconvenantes dont certains adversaires ne se font pas faute, malgré l'éducation dont ils se piquent.

Loin de là, M. le docteur Duplanty, dans un discours remarquable et justement applaudi, a hautement proclamé le respect que l'on doit avoir pour les croyances sincères, alors même qu'on ne les partage pas. Sans se prononcer pour ou contre le Spiritisme, il a sagement fait observer que les phénomènes du magnétisme, en nous révélant une puissance jusqu'alors inconnue, doivent rendre d'autant plus circonspect à l'égard de ceux qui peuvent se révéler encore, et qu'il y aurait tout au moins imprudence à nier ceux que l'on ne comprend pas, ou que l'on n'a pas été à même de constater, quand surtout ils s'appuient sur l'autorité d'hommes honorables dont les lumières et la loyauté ne sauraient être révoquées en doute. Ces paroles sont sages, et nous en remercions M. Duplanty; elles contrastent singulièrement avec celles de certains adeptes du magnétisme qui déversent sans ménagement le ridicule sur une doctrine qu'ils avouent ne pas connaître, oubliant qu'eux-mêmes ont été jadis en butte aux sarcasmes; qu'eux aussi ont été voués aux petites- maisons et traqués par les sceptiques comme les ennemis du bon sens et de la religion. Aujourd'hui que le magnétisme s'est réhabilité par la force des choses, qu'on n'en rit plus, qu'on peut sans crainte s'avouer magnétiseur, il est peu digne, peu charitable à eux, d'user de représailles envers une science, sœur de la leur, qui ne peut que lui prêter un salutaire appui. Nous n'attaquons pas les hommes, disent- ils; nous ne rions que de ce qui nous paraît ridicule, en attendant que la lumière soit faite pour nous. A notre avis la science magnétique, science que nous professons nous-même depuis 35 ans, devrait être inséparable de la gravité; il nous semble que leur verve satirique ne manque pas d'aliments en ce monde, sans prendre pour point de mire des choses sérieuses. Oublient-ils donc qu'on leur a tenu le même langage; qu'eux aussi accusaient les incrédules de juger à la légère, et qu'ils leur disaient, comme nous le faisons à notre tour: « Patience! rira bien qui rira le dernier! »

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ERRATUM.

Dans le n° V (mai 1858), une faute typographique a dénaturé un nom propre qui, par cela même, n'a plus de sens, Page 142, ligne 1°, au lieu de Poryolise, lisez: Pergolèse.

ALLAN KARDEC.

Paris. - Typ de Cosson et Cie, rue du Four-Saint-Germain, 43.

 


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