Spiritist Review 1860 » December » Spiritist dissertations » Familiar little leprechaun Revue Spirite 1860 » Décembre » Dissertations spirites » Le lutin familier

(Medium Mrs. Costel)

 

I have never communicated with you and I am very happy for being able to enlarge your literary understanding. You know well the opinion I had about the so-called fantasy world, you who so eagerly read me. Often alone, during long winter nights, in one corner of my lonely home, I would hear the moaning and sorrowful notes of the wind. While my distracted eyes vaguely followed the pictures formed by the flames in the fireplace, the familiar little leprechaun was certainly entertaining me, thus I did not invent Trilby: I just repeated what he had whispered into my attentive ears. What a marvelous thing, feeling these invisible guests living around us! No mystery with them. They do love you, regardless, and do know you better than you do yourselves. In my scholarly life, in my life as a man, I owe to these invisible friends my best successes and my dearest consolations. It is my turn now to whisper to friendly ears things guessed by the heart and that are not repeated. I want to say, dear medium, that I shall often have the kind privilege of talking to you.

Charles Nodier


Allan Kardec[1]  

 

 



[1] Paris, Typography de Rouge Frères, Donon et Fresné, Rue de Four-Saint-Germain, 43


(Méd., madame Costel.)

Je ne me suis jamais communiqué à vous, et je suis très heureux d'augmenter votre pléiade littéraire. Vous savez, vous qui m'avez lu avec tant de goût, quelle devination j'avais de ce qu'on appelle le monde fantastique. Souvent seul, dans les longues soirées d'hiver, recueilli au coin de mon foyer solitaire, j'écoutais gémir les notes plaintives du vent. Tandis que mon œil distrait suivait vaguement les dessins enflammés du feu, certainement le lutin domestique m'entretenait alors, et je n'inventais pas Trilby; je répétais ce qu'il avait murmuré à mon oreille attentive. La charmante chose que de sentir vivre autour de soi ces hôtes invisibles! Avec eux, point de mystères: ils vous aiment quoique et malgré, vous connaissent mieux que vous ne le faites vous-mêmes. Dans ma vie littéraire, dans ma vie d'homme, je leur dois, à ces invisibles amis, et mes meilleurs succès, et mes plus chères consolations. A mon tour, maintenant, de murmurer aux oreilles amies les choses que le cœur devine et ne répète pas. C'est vous dire, cher médium, que j'aurai souvent le doux privilège de causer avec vous.

Charles NODIER.


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