Spiritist Review 1860 » August » Family conversations from beyond the grave » The suicide of Quincampoiz Street Revue Spirite 1860 » Août » Entretiens familiers d'outre-tombe » Le suicidé de la rue Quincampoix

Last year the papers reported a case of suicide that took place under special circumstances. It was in the beginning of the Italian war. The head of a family that enjoyed the sympathy of the neighborhood had a son who was drafted to the war. Since his position did not allow him to avoid his son’s military service he then had the idea of killing himself, so that his son would be exempted as the only son of a widow.

Was the death a trial to the father or to the mother? In any case it is likely that God might have taken into consideration the dedication of that man and that suicide has not had the same consequences for him if he had done it for other reasons.

(To St. Louis) – Can you tell us if we can evoke the man that we have just mentioned? – A. Yes. That will make him very happy because it will give him some relief.

1.     Evocation. – A. Oh! I suffer a lot but… it is fair. However, he will forgive me.

 

OBSERVATION: The spirit writes with great difficulty. The characters are irregular and badly written. After the word but he stops and tries to write, unsuccessfully, just writing some indecipherable traces and points. It is obvious that he could not write the word God.

 

2.     Fill the blank that you left. – A. I am unworthy.

3.     You say that you suffer. There is no doubt that you made a mistake by committing suicide but has the reason that led you to do that granted you any indulgence? – A. My punishment will be shorter but the action is not less serious.

4.     Could you describe the punishment that you endure, giving us the maximum amount of details to our instruction? – A. I suffer twice as much, in the soul and in the body; although I have no more body, I suffer like the amputee with the absent member.

5.     Was the only cause of your action the salvation of your son or were you driven by another cause? – A. I was guided by the paternal love only, but it was a bad guide. That is why my penalty will be abbreviated.

6.     Can you foresee the end of your suffering? – A. I cannot see the end but I am sure there is an end, and that comforts me.

7.     A short while ago you could not write the word God. However, we have seen very unfortunate spirits writing it. Is it part of your punishment? – A. I shall do it but with great effort and regret.

8.     Well done! Go for it and try to write the word. We are convinced that if you succeed it will bring you relief.

The spirit ended up writing the word, with irregular, large and shaky characters: “God is very good.”

9.     We are thankful to you for having attended our appeal and we send our prayers to God in your favor so that his mercy may reach you. – A. Yes, please.

10.  (To St. Louis) Could you give us your personal opinion about the action of this spirit that we have just evoked? – A. This spirit suffers in fairness because he lost his trust in God, a fact that is always subject to punishment. His punishment would be long and terrible if he did not have a plausible motive in his favor, like impeding his son to march to death. God that sees the bottom of people’s hearts, and who is fair, will not punish him but according to his deeds.

OBSERVATION: Through his action that man might have impeded the accomplishment of his son’s destiny. To begin with it is not certain that he would die in the war and perhaps that career would have given him an opportunity to do something useful to his progress. Undoubtedly such a consideration shall not be alien to the severity of his punishment. His intention was certainly good and that was taken into account in his case. The intention attenuates the fault and deserves indulgence, but it does not hinder the bad from being bad. If it were not for that, one could excuse every wrongdoing and even kill under the pretext of good intention. Could one believe, for example, that we can kill a hopeless man in order to abbreviate his sufferings? No because that action would abbreviate the trial that he has to undergo and we would do more harm than good. Is the mother who kills her child in hopes that the child will go to heaven less culpable because she did so out of a good intention? Based on such a system we would justify every crime that was committed by blind fanaticism in the religious wars.

 


Le suicidé de la rue Quincampoix

 

L'année dernière, les journaux ont rapporté un exemple de suicide accompli dans des circonstances particulières: c'était au commencement de la guerre d'Italie; un homme, père de famille, jouissant de l'estime générale de tous ses voisins, avait un fils que le sort avait appelé sous les drapeaux; se trouvent, par sa position, dans l'impossibilité de l'exonérer du service, il eut l'idée de se suicider afin de l'exempter comme fils unique de veuve.

Cette mort était-elle une épreuve pour le père ou pour la mère? dans tous les cas, il est probable que Dieu aura tenu compte à cet homme de son dévouement, et que le suicide n'aura pas eu pour lui les mêmes conséquences que s'il l'eût accompli pour d'autres motifs.

(A saint Louis.) Veuillez nous dire si nous pouvons faire l'évocation de l'homme dont on vient de parler? - R. Oui, il en sera même très heureux, car il sera un peu soulagé.

1°Evocation. - R. Oh! merci! je souffre bien, mais… est juste; cependant il me pardonnera.

Remarque. L'Esprit écrit avec une très grande difficulté; les caractères sont irréguliers et très mal formés; après le mot mais il s'arrête, essaye vainement d'écrire, et ne fait que quelques traits indéchiffrables et des points, il est évident que c'est le mot Dieu qu'il n'a pu écrire.

2. Remplissez la lacune que vous venez de laisser. - R. J'en suis indigne.

3. Vous dites que vous souffrez, vous avez sans doute eu tort de vous suicider, mais est-ce que le motif qui vous a porté à cet acte ne vous a pas mérité quelque indulgence? - R. Ma punition sera moins longue, mais l'action n'en est pas moins mauvaise.

4. Pourriez-vous nous décrire la punition que vous subissez; donnez- nous le plus de détails possible à ce sujet pour notre instruction. - R. Je souffre doublement dans mon âme et dans mon corps; je souffre dans ce dernier, quoique ne le possédant plus, comme l'amputé souffre dans son membre absent.

5. Votre action a-t-elle eu pour unique motif de sauver votre fils, et n'avez-vous été sollicité par aucune autre cause. - R. L'amour paternel m'a seul guidé, mais m'a mal guidé; en faveur de ce motif ma peine sera abrégée.

6. Prévoyez-vous le terme de vos souffrances? - R. Je n'en sais pas le terme; mais j'ai l'assurance que ce terme existe, ce qui est un soulagement pour moi.

7. Tout à l'heure vous n'avez pu écrire le nom de Dieu; nous avons cependant vu des Esprits très souffrants l'écrire; cela fait-il partie de votre punition? - R. Je le pourrai avec de grands efforts de repentir.

8. Eh bien! faites de grands efforts, et tâchez de l'écrire; nous sommes convaincus que si vous y parvenez, cela vous sera un soulagement.

L'Esprit finit par écrire, en caractères irréguliers, tremblés, et très gros: Dieu est bien bon.

9. Nous vous savons gré d'être venu à notre appel, et nous prierons Dieu pour vous, afin d'appeler sa miséricorde sur vous. - R. Oui, s'il vous plaît.

10. (A saint Louis.) Veuillez nous donner votre appréciation personnelle sur l'acte de l'Esprit que nous venons d'évoquer. - R. Cet Esprit souffre justement, car il a manqué de confiance en Dieu, ce qui est une faute toujours punissable; la punition serait terrible et très longue s'il n'y avait en sa faveur un motif louable, qui était celui d'empêcher son fils d'aller au-devant de la mort; Dieu, qui voit le fond des cœurs, et qui est juste, ne le punit que selon ses œuvres.

Remarque. - Cet homme, par son action, a peut être empêché la destinée de son fils de s'accomplir; d'abord, il n'est pas certain que celui- ci fût mort à la guerre, et peut-être que cette carrière devait lui fournir l'occasion de faire quelque chose qui aurait été utile à son avancement; cette considération n'est sans doute pas étrangère à la sévérité du châtiment qui lui est infligé. Son intention, sans doute, était bonne, aussi lui en est-il tenu compte; l'intention atténue le mal et mérite de l'indulgence, mais elle n'empêche pas ce qui est mal d'être mal; sans cela, à la faveur de l'intention on pourrait excuser tous les méfaits, et l'on pourrait même tuer sous prétexte d'une bonne intention. Croit-on, par exemple, qu'il soit permis de faire mourir un homme qui souffre sans espoir de guérison, par le motif qu'on veut abréger ses souffrances? Non, parce qu'en agissant ainsi on abrège l'épreuve qu'il doit subir, et on lui fait plus de tort que de bien. Une mère qui tue son enfant dans la croyance qu'elle l'envoie droit au ciel est-elle moins fautive parce qu'elle l'a fait dans une bonne intention? A la faveur de ce système on justifierait tous les crimes qu'un fanatisme aveugle a fait commettre dans les guerres de religion.

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