Spiritist Review 1860 » June » Spontaneous essays and spiritist dissertations » Human misery Revue Spirite 1860 » Juin » Dictées spontanées et dissertations spirites » La misère humaine

(Received or read in sessions of the Society)

Human misery is not in the uncertainty of the events that sometimes cheer you up and sometimes knock you down. It is entirely in the greedy and insatiable heart that always wants to receive, complaining of others aridness and never noticing its own drought. That unhappiness, always aspiring above one’s head, is never satisfied by the dearest joys.  That unhappiness, I tell you, is what constitutes human misery. Why bother with the brain, with its most brilliant faculties, if it is always overshadowed by the insatiable and bitter desire for things that are always beyond reach? Just as a shadow floats close to the body then happiness floats close to the soul, always unachievable. You must not, however, be sorry or smear your fate for that shadow, that wave-like fleeing and moving happiness by the intensity and anguish confined in your heart as it gives us the proof of divinity imprisoned with humanity. Thus love likes pain and its vivifying poetry that vibrates your spirit through the memory of the eternal homeland. The human heart is a cup full of tears; but the breaking dawn shall drink the water from your hearts; it shall be the amazing life to your eyes, blinded by the darkness of the corporeal prison. Courage! Each day is liberation. March the painful path; march and keep your eyes on the mysterious star of hope.

George, a familiar spirit


La misère humaine n'est pas dans l'incertitude des événements qui, tantôt élèvent, tantôt précipitent. Elle gît tout entière dans le cœur avide et insatiable qui aspire sans cesse à recevoir, qui se plaint de la sécheresse d'autrui, et ne s'avise jamais de sa propre aridité. Ce malheur d'aspirer plus haut que soi-même, ce malheur de ne pouvoir être satisfait par les joies les plus chères, ce malheur, dis-je, constitue la misère humaine. Qu'importe le cerveau, qu'importent ses plus brillantes facultés, si elles sont toujours assombries par le désir âpre et inassouvi de ce quelque chose qui lui échappe sans cesse; l'ombre flotte près du corps, le bonheur flotte près de l'âme, insaisissable pour elle. Vous ne devez cependant ni vous plaindre ni maudire votre sort; car cette ombre, ce bonheur, fuyant et mobile comme l'onde, donne, par l'ardeur et l'angoisse qu'il dépose dans le cœur, la preuve de la divinité emprisonnée dans l'humanité. Aimez donc la douleur et sa poésie vivifiante, qui fait vibrer vos esprits par le souvenir de la patrie éternelle. Le cœur humain est un calice plein de larmes; mais vienne l'aurore, et elle boira l'eau de vos cœurs; elle sera pour vous la vie qui éblouira vos yeux aveuglés par l'obscurité de la prison charnelle. Courage! chaque jour est une délivrance; marchez dans la douloureuse voie; marchez, en suivant des yeux l'étoile de la mystérieuse espérance.

GEORGES. (Esprit familier.)